dimanche 30 mars 2014

Les Hôpitaux Publics et Privés en France

Le conflit entre le gouvernement et les cliniques privées

Le Téléphone Sonne - Emission du 10 mars 2014



Pierre Weill: Oui, c'est une épreuve de force. Un conflit entre le gouvernement et les cliniques privées. L'exécutif a décidé de baisser leur tarifs en 2014, baisse de 0.24%. Pour le gouvernement c'est nécessaire dans le contexte de l'effort pour redresser les finances publics et notamment le déficit de l'assurance maladie. Les cliniques privées répondent, avec cette baisse, on s'en sortira plus. Et du coup, elles ferment leurs portes aux élèves infirmiers qui se sentent pris en otage dans ce conflit. L'occasion ce soir de s'interroger sur l'hospitalisation privée en France: efficacité, fonctionnement, qualité des soins, tarifs, on attends vos questions et témoignages. Quelques chiffres, l'hospitalisation représente aujourd'hui plus d'1/3 de l'offre de soin des établissement de médecine en France et notamment plus de 50% de la chirurgie. On compte 1100 cliniques et hôpitaux privés avec 8,5 million de patients par an. C'est un secteur fragilisé, plus d'1/4  des cliniques privées sont déficitaires. Nos invités pour vous répondre:
 



Pierre Weill: Première question de Dominique dans l'Essonne.

Dominique: Merci au téléphone sonne de permettre de parler du problème actuel des élèves infirmiers. J'étais profondément choquée par les moyens utilisés par le président de la FHP, parce que c'est vraiment une prise d'otage au sens propre du terme car les élèves infirmiers n'y sont pour rien dans ce conflit. Je ne comprends pas comment ça peut apporter quelque chose de positif au système de santé. Autre question, qu'est-ce qu'il va se passer pour ces étudiants qui ne pourront pas valider leur diplôme?

Pierre Weill: Jean-Loup Dourousset ?

Jean-Loup Dourousset: Nous ne contestons pas effectivement que les élèves infirmiers sont victimes du conflit qui nous oppose au ministère. Mais il faut savoir que jusqu'à présent, le ministère même ignorait la place de l'hospitalisation privée dans le dispositif de formation. Nous accueillons 35,000 stagiaires chaque année dans le dispositif d'accueil des étudiants infirmiers et nous avons souhaité révéler cette activité qui nous est systématiquement contestée.


Pierre Weill: Contestée pour quoi?

Jean-Loup Dourousset: Parce que l'hospitalisation privée a depuis 10-15 ans des difficultés a faire valoir sa place, son existence dans le dispositif de soin et surtout de le faire à égalité avec les autres acteurs que sont les publics ou les associatifs.

Pierre Weill: Mais vous dites on nous conteste le fait qu'on accueil des étudiants infirmiers, je comprends pas.

Jean-Loup Dourousset: Et bien ce que l'on nous disait, c'était: "vous n'avez pas de place dans le dispositif de formation", par exemple nous avons mené un combat pour accueillir à égalité avec nos collègues du publique les élèves médecins, les internes dans les établissement sanitaires. Aujourd'hui, sur 7,000 internes, on accueillons seulement 80 internes dans nos établissement, alors que comme vous l'avez rappeler, nous réalisons 60% de la chirurgie française et nous avons 30% du parc a utiliser. Donc nous sommes en permanence en demande de reconnaissance de la part du ministère dans l'ensemble du dispositif.

Danielle Messager: Oui, effectivement, dans les objectifs, les missions que l'on reconnait d'une part dans le publique et dans le privé, on met toujours sur la table cette formation. Alors c'est pour ça que vous avez utilisé cette menace car on vous dit que vous servez à rien dans le domaine des formations et vous vous dites, mais oui, la preuve on sert à quelque chose puisque nous accueillons des étudiants infirmiers. Mais honnêtement, il n'y avait pas un autre moyen de faire pression que de mettre ces élèves qui n'y sont pour rien au cœur du conflit? Certes vous êtes des entreprises privées donc vous pouvez pas vous déclarer en grève sinon vous mettez la clef sous la porte, il n'y avait pas d'autres moyens?

Jean-Loup Dourousset: Cela fait quand même 2 années que nous discutons avec le ministère de la Santé et toute une série de micro-mesure sont venues confirmer que le ministère avait pris des options de différenciation entre le secteur publique et le secteur privé. Nous avons questionné la ministre en lui demandant: "souhaitez-vous que l'ensemble des acteurs hospitaliers travaillent dans le sens de l'intérêt général pour le bien être de nos patients, ou avez-vous une vision qui est une vision différencié: un secteur publique pour les uns, et privé pour d'autres français. Nous avons longuement dialogué. Malheureusement, les dernières mesures prises par le gouvernement sont encore dans l'opposition publique/privé, alors que depuis longtemps nos concitoyens réclame de la fluidité du passage de l'un à l'autre.

Pierre Weill: Jean-Loup Dourousset dit à l'instant qu'il y a une différenciation du publique et du privé, Brigitte Dormont, Professeur d'économie à Paris Dauphine, titulaire de la chaire santé, il dit vrai?

Brigitte Dormont: Je comprends ce qu'il dit dans la mesure ou effectivement il y a eu un changement de conception de l'organisation du tissu hospitalier avec le changement de gouvernement. Effectivement, le gouvernement précédent mettait l'accent sur la convergence tarifaire, sur les tarifs identique pour les hôpitaux et cliniques privés, et un des premiers actes posé dans la loi du financement de la sécurité sociale de 2013, ça a été de dire on laisse tomber cette objectif de convergences tarifaires. Et donc, ce que je comprends de ce qu'il dit c'est ce changement de conception. On peut aussi penser que le gouvernement précédent essayer de mettre la pression en faveur des cliniques privés, on peut aussi l'interpréter comme ça. Je dois dire que je n'ai pas les moyens de faire cet arbitrage là, mais c'est clair que maintenant, il y a une pensé qui consiste à dire, le secteur publique c'est particulier et il ne faut pas le réguler comme le secteur privé. Ce qui m'intéresse dans ce débat sur les élèves infirmiers, c'est l'enjeu d'incarner des missions de services publics par des hôpitaux privés à but lucratif que sont les cliniques. Donc ces hôpitaux revendiquent depuis très longtemps, depuis la loi Bachelot de 2009, de porter des missions de services publique. C'est au cœur de ce conflit. Et je trouve un peu la stratégie adopté un peu dangereuse parce que ça met en cause la crédibilité et la responsabilité du secteur privé par rapport au mission de porter des services publics. Mais je suis tout à fait d'accord avec le fait que le ministère n'est pas très clair sur la façon d'organiser les différents acteurs. Il y vraiment un problème de positionnement de ce qu'on demande aux hôpitaux et de ce qu'on leur donne en contre partie.

Pierre Weill: Alors pour qu'on comprenne bien, vous expliquez que le gouvernent a décidé que les tarifs publics peuvent être plus élevé que les tarifs du privé et c'est normal?


Brigitte Dormont: Alors historiquement, les couts des hôpitaux publics sont supérieurs au cout des hôpitaux privé.

Danielle Messager: Expliquez pourquoi, parce que les gens ne comprennent pas toujours.

Brigitte Dormont: Personne ne sait pourquoi. Si on sait à peu près pourquoi, mais l'écart a été vertigineux quand on a fait les comparaisons. En fait les comparaisons sont extrêmement difficiles à réaliser. Elles ont été réalisé de manière propre et rigoureuse que pour certains actes très particuliers, puisque ce ne sont pas les mêmes structures. Il y a notamment les honoraires des médecins qui ne sont pas inclus dans les couts pour les cliniques privés mais ces comparaisons corrigent des honoraires. Il y a des redevance payé dans les médecins qui travaillent dans le privé aux structures privés. Il y a des médecins qui ont des parts dans les cliniques et donc qui ont des payements à travers leur participations aux bénéfices de ces cliniques. Donc tout ceci fait qu'il est extrêmement difficile de comparer proprement les couts du publique et du privé. Moi ce que je connais c'est une étude que j'ai réalisé qui porte sur la productivité des hôpitaux publics et privés, et donc on regarde s'ils sont plus ou moins productif. On trouve que les cliniques sont plus productives et plus efficaces, à dotations donnés en personnel et en matériel, elles produisent plus de soins. Mais, c'est quand on fait une comparaison brute. Si on incorpore  … donc là, vous vous dites, les tarifs du publique sont supérieur au privé, il n'y a rien qui l'explique. Il faut bien voir que les hôpitaux publics et privés n'ont pas du tout le même cahier des charges. Ils n'ont pas non plus les mêmes règlementations. Donc nous économistes, on veut bien qu'il y ait une concurrence entre des entreprises, hôpitaux, si les gens sont dans les mêmes conditions. Or, par exemple, les hôpitaux publics ne peuvent pas u tout sélectionner leur patients. Ils ont un cahier des charges qui leur oblige à accueillir des gens 24h/24, a produire une quantité de soin qui répond aux besoins de la population alors que les hôpitaux privés sont dans une configuration très différentes: ils segmentent leurs activités sur des spécialités très précises. Ils peuvent organiser, enfin… la section de patients est interdite à proprement parler, mais ils peuvent s'organiser pour se spécialiser dans un certains nombre de traitement de pathologies qui permettent effectivement de cibler des publics particulier. Et l'étude que j'ai réalisé montre quand on corrige par ces différences de composition de patients et de composition de l'activité, et bien on retrouve une égalité de performance des hôpitaux publics et privés.

Je suis un peu longue excusez-moi.


Pierre Weill: Non, mais c'était très clair et ça pose bien le problème. […] 10:50 Écoutez le reste de l'émission sur le site de France Inter.

L'Artisanat en France




Le téléphone sonne de France Inter

Émission du mercredi 19 mars 2014: La Semaine nationale de l'artisanat
 
Pierre Weill: En ce moment c'est la semaine nationale de l'artisanat organisé par les chambres de métiers et de l'artisanat. C'est l'occasion de l'intéresser à se secteur. 1,69 million d'entreprises; l'artisanat emploi 3 million d'actif, 42% dans le bâtiment, 30% dans les services; 15% dans la production, et 13% dans l'alimentation. Seulement voilà, il y a des questions qui vont nous occuper ce soir: comment expliquer qu'en France il y a des millions de demandeur d'emploi, des jeunes dont le taux de chômage avoisine 25% et ce secteur de l'artisanat qui a du mal a recruter dans des centaines de métiers qualifiés. Faut-il parler de dépréciation des métiers manuels? Ils n'auraient pas leur faveur des jeunes et de leur parents. Et puis le système scolaire, est-ce qu'il favorise suffisamment les métiers de l'artisanat? Comment rejoindre cette filière? Sur tous ces sujets, n'hésitez pas. Appeler nous ou envoyer nous des courriels. Deux spécialistes pour vous répondre ce soir:



A Cannes, Jean Jacques veut intervenir.

Jean Jacques: bonsoir, merci pour vos émissions. Je veux porter un témoignage. Donc voilà, j'ai une petite entreprise, je suis tout seul, et je suis réticent par rapport à l'embauche simplement par le fait du droit du travail qui nous donne le sentiment d'être pied et poings liée avec les employés que l'ont embauche. Sur un second plan, c'est les charges.

Pierre Weill: Donnez moi des exemples quand vous parlez du droit du travail.

Jean Jacques: Lorsqu'on embauche quelqu'un en CDI, voilà … moi j'ai une conscience professionnelle, et si on fait les choses de manière réglementaire, c'est très compliqué de ce séparer d'une personne. Et comme il peut y avoir une variabilité par rapport au travail, c'est compliqué. Je pense que nous petites entreprises on devrait être libéré de ce carcan administratif.

Pierre Weill: Vous évoquiez aussi les charges?

Jean Jacques: Oui, je pense qu'on devrait pas être assujetti aux charges comme une grosse entreprise de 100-150 salariés. Moi je parle vraiment des très très petites entreprises. Des entreprises qui sont 1, 2, voir 3… bon après il faut pas dire n'importe quoi non plus, mais voilà, je trouve que je suis pas le seul à penser ça. Si jamais j'étais libéré de tout ça, j'embaucherai du jour au lendemain.

Pierre Weill: Merci. Nous avons reçu de très nombreux courriels sur ces points. Il y a d'ailleurs une campagne de manifestation de ces artisans: "nous refusons d'être sacrifiés", c'est votre grand slogan.

Patrick Liebus: Tout à fait. Les artisans refuse d'être sacrifié parce que ce sont des entreprises qui prennent des responsabilités, qui apportent beaucoup à l'économie française, et on nous complique beaucoup la vie par rapport à la législation et au droit du travail, et aussi par les charges extrêmement importantes. C'est pour ça qu'il y a un mouvement qui a été lancé: "les sacrifiés 2" qui rappelle qui nous sommes et ce que nous demandons: c’est-à-dire une baise des charges directes aux entreprises et au chefs d'entreprises indépendants, et aussi pour les salariés. Je rappelle qu'on discute en ce moment le pacte de responsabilité souhaité par le gouvernement.

Pierre Weill: Alors justement, on a des courriels d'auditeurs qui nous posent des questions: vous artisans, êtes vous concerné par ce pacte de responsabilité?

Pierre Martin: On est concerné au premier chef, puisque depuis des années, nous demandons qu'on revoit le cout du travail dans ce pays de manière plus général et en particulier pour les entreprises que nous représentons. C'est d'ailleurs Patrick Liebus qui nous représente. Et la demande est de baiser le cout du travail aussi bien pour les artisans qui emploient des collaborateurs que pour ceux qui travaillent seul. C'est des pistes qui évoluent aujourd'hui plutôt favorablement, mais c'est important parce que nous avons des besoins d'emploi, de recrutement et que nous ne pouvons pas satisfaire parce que nous avons d'un part le droit du travail qui est assez bloquant et en fonction des aléas de la vie des entreprises nous n'avons pas beaucoup de possibilités pour adapter les équipes et aussi ces charges qui sont très importantes.

Pierre Weill: des courriels de protestations, on en a reçu, Josselin nous écrit: " Les artisans sont les vaches à lait de l'état, le cout des charges est colossale et met souvent en cause une cessation d'activité, je préfère à ce jour refuser des commandes que d'embaucher." Et Marie: "L'artisanat, première entreprise de France, l'artisanat, premier contribuable de France, nous sommes écrasé sous les charges diverses et variés." Patrick Liebus, alors quand vous dites ça à la ministre en charge de l'artisanat, Silvia Pinelle?

Patrick Liebus: Alors quand on s'adresse à Silvia Pinelle, on lui demande de nous simplifier la création d'entreprises et l'accompagnement des entreprises; Et quand on s'adresse au cabinet du premier ministre ou du président de la république, on leur dit, prenez des mesures rapide pour baiser les charges. Parce que le passage de l'emploi, que ce soit moi ou mon collègue, on l'a eu, on a démarré seul et on a passé le cap d'embaucher des salariés. On avait déjà à l'époque des contraintes qui ne sont pas amélioré, bien au contraire, ca a été bien au delà. Ce que l'on dit en ce moment au président: vous avez un problème à gérer: le chômage est très élevé, quelle est la solution? C'est de se tourner vers les petites entreprises, leur baiser les charges, leur facilités l'embauche, leur facilité aussi la séparation des salariés lorsque nécessaire, qui protège bien entendu le salarié et le chef d'entreprise. Mais la baisse des charges est importante. Comment peut-on continuer de charger autant des entreprises qui osent prendre ces risques permanents. Vos auditeurs l'ont dit, on prend des risques. Mais tous ceux qui créent les lois, est-ce qu'ils prennent conscience de ce que nous somme réellement, nous ne sommes pas sur. C'est pour ça qu'on porte haut la voix du secteur de l'artisanat, et il faut qu'on sache que le retour par l'emploi ça passera par nos entreprises.

[…] 8:00

Ecoutez le reste de l'émission: La Semaine nationale de l'artisanat

samedi 29 mars 2014

Comment encourager l'usage du vélo?






Patrick Boyer: Vive le vélo. Savez-vous que le vélo augmente la santé et la ponctualité des salariés des entreprise. Et oui, 22 millions de français à bicyclette; régulièrement. On vend d'ailleurs 3 millions de vélo par an en France. Ces chiffres bruts peuvent impressionner , mais tout est relatif. La bicyclette ne compte que pour 2 à 3% des déplacements quotidiens en France. C'est peu en Europe. alors, en cause bien sûr, le danger de rouler en 2 roues dans des villes livrés à la circulation automobile. Le gouvernement en est conscient: le ministre Frédérique Cuvillier a annoncé la semaine dernière 25 mesures pour aider le vélo, notamment favoriser le 30 km / h en ville. Et bien nous allons voir si tout cela est de nature à rassurer nos auditeurs du téléphone sonne. Nos invités ce soir:


  • Geneviève Laferrère: Présidente de la Fédération des Usagers à Bicyclette (FUB)
  • Olivier Razemon: Journaliste; blog trotteur, voyager, qui a publié "Le pouvoir de la pédale"
  • Jean-Michel Richefort: Directeur technique national pour la Fédération Française de Cyclotourisme, qui publie, "Le Vélo Pour Tous"

Patrick Boyer: Première question de Oulain dans la banlieue Sud de Lyon, Pierre Martin nous appelle.

Pierre Martin: Je m'interroge sur un paradoxe. On est quand même au pays du Tour de France, mais on a l'impression que le vélo n'a pas vraiment sa place sur nos routes. La loi Laure existe, qui prévoit des aménagements cyclables à chaque rénovation de voirie, et 17 ans après cette loi, elle est très très peu appliquée.

Patrick Boyer: Bonne question, on fait de la place au vélo sport, mais le vélo quotidien dans la pratique, c'est autrement plus compliqué.

Jean-Michel Richefort: Oui,  c'est plus compliqué. Effectivement, la France c'est le Tour de France, mais heureusement, pas que cela. Que le sport soit à sa place, mais aujourd'hui l'enjeu est très important: développer partout que ce soit dans les villes, dans les zones péri urbaine, et surtout de développer des aménagements cyclables. Parce qu'on s'est aperçu qu'on a un réseau routier dense, mais ca fait une 20-30aine d'année qu'on pense automobile en délaissant quelque peu les continuités d'aménagements cyclables cohérent, de façon à rendre les itinéraires sécurisés. Or, avec le développement des vélos routes et des voies vertes avec le plan d'aménagement de ces voies, je pense qu'on devrait à l'échéance 2020 rattraper un peu le retard qu'on a.

Patrick Boyer: 2020, mais dites moi, nous sommes qu'en 2014, alors Pierre Martin fait allusion à une loi Laure, nous on a les mesures Cuvillier qui datent de 3 semaines, Olivier Razemon: est-ce que tout cela va changer la vie quotidienne?

Olivier Razemon: Pour répondre à ce monsieur, c'est tout à fait juste, il y a un paradoxe. Effectivement, il y a le tour de France, il y a aussi des lois et des dispositifs, et bien je crois que le vélo tout simplement est un objet assez étrange, qui est incompris, méconnu, qui fait l'objet de beaucoup d'idées reçues, on le considère à l'occasion comme un véhicule pour les pauvres, à d'autres d'occasions et parfois d'ailleurs par la même personne dans la même journée, il est considéré comme le véhicule du bobo, le véhicule du riche, et puis on le limite, on le cantonne au sport, aux loisirs. En fait, c'est un objet assez bizarre qui n'est pas toujours compris.

Patrick Boyer: C'est d'abord un objet de l'enfance. On n'imagine que l'adulte lui va continuer à rouler.

Olivier Razemon: C'est le vélo jouet effectivement. C'est une des images du vélo également.

Patrick Boyer: Madame Geneviève Laferrère, votre mission, est-ce que ce soit les adultes se saisissent à nouveau du vélo?

Geneviève Laferrère: complètement. on est dans le cœur du sujet. La Fédération des Usagers à Bicyclette souhaite ardemment le développement de l'usage du vélo en ville, en périphérie pour se déplacer, cela souligne un éternel paradoxe car c'est un objet qu'on ne souhaite pas vraiment voir sur nos routes ou nos voiries, car on estime qu'il y a assez dé véhicule à 4 roues. alors qu'on souffre de la congestion, de la pollution; des embouteillages, et on se prend la tête en disant qu'on n'a pas de solutions alors qu'on en a une sous la main: économique et pratique. Et comme vous l'avez souligné, que de très nombreux usagers essaye de pousser et de valoriser.

Patrick Boyer: Oui, mais la pollution pousse a ne pas prendre le vélo non? On ne va pas sortir pour respirer la pollution?

Geneviève Laferrère: Pas du tout.

Olivier Razemon: C'est aussi une image un peu fausse du vélo. Faire du vélo c'est plus difficile que de marcher. Il suffit de mettre un pied devant l'autre, sauf qu'on a les pieds sur les pédales alors on va 4 ou 5 fois plus vite. En réalité, il vaut mieux le jour où il y a un pique de pollution, faire du vélo que de prendre le métro et d'être dans sa voiture car on n'est moins exposé aux polluants.

Jean-Michel Richefort: Aux polluants et aux particules fines. Ça ça a été démontré récemment lors d'un pic de pollution.

Patrick Boyer: Question de Paul.

Paul: Moi je suis pour le partage de la voirie. Il faudrait ne plus prioriser la voiture mais plutôt favoriser les modes doux et actifs.

Patrick Boyer: les modes doux et actifs, oui, mais est-ce qu'on a le temps d'aller travailler loin de chez soi? Non, parce qu'il faut emmener le gamin et qu'on travaille pas à 200m du domicile.


Geneviève Laferrère: Pas du tout. On est encore complètement dans le cliché. Parce que si on est pressé, si on veut allez vite, le seul véhicule qui peut permettre de savoir à quelle heure on va arriver, c'est le vélo, parce qu'il ne souffre d'aucuns embouteillage. Lorsqu'on veut emmener un enfant, aujourd'hui, on a toutes sortes de solutions. Il y a un petit porte bagages enfants. Il ya des systèmes d'accroche où on peut mettre 2 enfants dans une charrette derrière le vélo. On a toutes sortes de solutions pour se développer. On a la référence de pays nordiques qui montre bien qu'avec 30% à vélo, ils emmènent leurs enfants à l'école. Ces enfants ont appris et ils apprennent à faire du vélo, et c'est une vraie question en France, et ils se déplacent en vélo.

Patrick Boyer: Mais les pays nordiques n'ont pas de métropoles comme Paris et Lyon qui sont complètement engorgée…

Olivier Razemon: le vélo n'est pas adapté ou peu adapté pour des distances de 25 km tous les jours, ça c'est sûr, mais pour la plupart des trajets domicile-travail et même domicile-course ou administration, c'est 4 ou 5 km. Il faut pas raisonner en terme de rivalité d'usager. C'est une concurrence entre les modes. Pour chacun des trajets, quel est le mode le plus adapté? Si c'est pas loin on peut aller à pieds ou en vélo, ça peut se faire facilement.