samedi 29 mars 2014

Comment encourager l'usage du vélo?






Patrick Boyer: Vive le vélo. Savez-vous que le vélo augmente la santé et la ponctualité des salariés des entreprise. Et oui, 22 millions de français à bicyclette; régulièrement. On vend d'ailleurs 3 millions de vélo par an en France. Ces chiffres bruts peuvent impressionner , mais tout est relatif. La bicyclette ne compte que pour 2 à 3% des déplacements quotidiens en France. C'est peu en Europe. alors, en cause bien sûr, le danger de rouler en 2 roues dans des villes livrés à la circulation automobile. Le gouvernement en est conscient: le ministre Frédérique Cuvillier a annoncé la semaine dernière 25 mesures pour aider le vélo, notamment favoriser le 30 km / h en ville. Et bien nous allons voir si tout cela est de nature à rassurer nos auditeurs du téléphone sonne. Nos invités ce soir:


  • Geneviève Laferrère: Présidente de la Fédération des Usagers à Bicyclette (FUB)
  • Olivier Razemon: Journaliste; blog trotteur, voyager, qui a publié "Le pouvoir de la pédale"
  • Jean-Michel Richefort: Directeur technique national pour la Fédération Française de Cyclotourisme, qui publie, "Le Vélo Pour Tous"

Patrick Boyer: Première question de Oulain dans la banlieue Sud de Lyon, Pierre Martin nous appelle.

Pierre Martin: Je m'interroge sur un paradoxe. On est quand même au pays du Tour de France, mais on a l'impression que le vélo n'a pas vraiment sa place sur nos routes. La loi Laure existe, qui prévoit des aménagements cyclables à chaque rénovation de voirie, et 17 ans après cette loi, elle est très très peu appliquée.

Patrick Boyer: Bonne question, on fait de la place au vélo sport, mais le vélo quotidien dans la pratique, c'est autrement plus compliqué.

Jean-Michel Richefort: Oui,  c'est plus compliqué. Effectivement, la France c'est le Tour de France, mais heureusement, pas que cela. Que le sport soit à sa place, mais aujourd'hui l'enjeu est très important: développer partout que ce soit dans les villes, dans les zones péri urbaine, et surtout de développer des aménagements cyclables. Parce qu'on s'est aperçu qu'on a un réseau routier dense, mais ca fait une 20-30aine d'année qu'on pense automobile en délaissant quelque peu les continuités d'aménagements cyclables cohérent, de façon à rendre les itinéraires sécurisés. Or, avec le développement des vélos routes et des voies vertes avec le plan d'aménagement de ces voies, je pense qu'on devrait à l'échéance 2020 rattraper un peu le retard qu'on a.

Patrick Boyer: 2020, mais dites moi, nous sommes qu'en 2014, alors Pierre Martin fait allusion à une loi Laure, nous on a les mesures Cuvillier qui datent de 3 semaines, Olivier Razemon: est-ce que tout cela va changer la vie quotidienne?

Olivier Razemon: Pour répondre à ce monsieur, c'est tout à fait juste, il y a un paradoxe. Effectivement, il y a le tour de France, il y a aussi des lois et des dispositifs, et bien je crois que le vélo tout simplement est un objet assez étrange, qui est incompris, méconnu, qui fait l'objet de beaucoup d'idées reçues, on le considère à l'occasion comme un véhicule pour les pauvres, à d'autres d'occasions et parfois d'ailleurs par la même personne dans la même journée, il est considéré comme le véhicule du bobo, le véhicule du riche, et puis on le limite, on le cantonne au sport, aux loisirs. En fait, c'est un objet assez bizarre qui n'est pas toujours compris.

Patrick Boyer: C'est d'abord un objet de l'enfance. On n'imagine que l'adulte lui va continuer à rouler.

Olivier Razemon: C'est le vélo jouet effectivement. C'est une des images du vélo également.

Patrick Boyer: Madame Geneviève Laferrère, votre mission, est-ce que ce soit les adultes se saisissent à nouveau du vélo?

Geneviève Laferrère: complètement. on est dans le cœur du sujet. La Fédération des Usagers à Bicyclette souhaite ardemment le développement de l'usage du vélo en ville, en périphérie pour se déplacer, cela souligne un éternel paradoxe car c'est un objet qu'on ne souhaite pas vraiment voir sur nos routes ou nos voiries, car on estime qu'il y a assez dé véhicule à 4 roues. alors qu'on souffre de la congestion, de la pollution; des embouteillages, et on se prend la tête en disant qu'on n'a pas de solutions alors qu'on en a une sous la main: économique et pratique. Et comme vous l'avez souligné, que de très nombreux usagers essaye de pousser et de valoriser.

Patrick Boyer: Oui, mais la pollution pousse a ne pas prendre le vélo non? On ne va pas sortir pour respirer la pollution?

Geneviève Laferrère: Pas du tout.

Olivier Razemon: C'est aussi une image un peu fausse du vélo. Faire du vélo c'est plus difficile que de marcher. Il suffit de mettre un pied devant l'autre, sauf qu'on a les pieds sur les pédales alors on va 4 ou 5 fois plus vite. En réalité, il vaut mieux le jour où il y a un pique de pollution, faire du vélo que de prendre le métro et d'être dans sa voiture car on n'est moins exposé aux polluants.

Jean-Michel Richefort: Aux polluants et aux particules fines. Ça ça a été démontré récemment lors d'un pic de pollution.

Patrick Boyer: Question de Paul.

Paul: Moi je suis pour le partage de la voirie. Il faudrait ne plus prioriser la voiture mais plutôt favoriser les modes doux et actifs.

Patrick Boyer: les modes doux et actifs, oui, mais est-ce qu'on a le temps d'aller travailler loin de chez soi? Non, parce qu'il faut emmener le gamin et qu'on travaille pas à 200m du domicile.


Geneviève Laferrère: Pas du tout. On est encore complètement dans le cliché. Parce que si on est pressé, si on veut allez vite, le seul véhicule qui peut permettre de savoir à quelle heure on va arriver, c'est le vélo, parce qu'il ne souffre d'aucuns embouteillage. Lorsqu'on veut emmener un enfant, aujourd'hui, on a toutes sortes de solutions. Il y a un petit porte bagages enfants. Il ya des systèmes d'accroche où on peut mettre 2 enfants dans une charrette derrière le vélo. On a toutes sortes de solutions pour se développer. On a la référence de pays nordiques qui montre bien qu'avec 30% à vélo, ils emmènent leurs enfants à l'école. Ces enfants ont appris et ils apprennent à faire du vélo, et c'est une vraie question en France, et ils se déplacent en vélo.

Patrick Boyer: Mais les pays nordiques n'ont pas de métropoles comme Paris et Lyon qui sont complètement engorgée…

Olivier Razemon: le vélo n'est pas adapté ou peu adapté pour des distances de 25 km tous les jours, ça c'est sûr, mais pour la plupart des trajets domicile-travail et même domicile-course ou administration, c'est 4 ou 5 km. Il faut pas raisonner en terme de rivalité d'usager. C'est une concurrence entre les modes. Pour chacun des trajets, quel est le mode le plus adapté? Si c'est pas loin on peut aller à pieds ou en vélo, ça peut se faire facilement.


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